Référents : « Tendre la main aux sections qui en ont besoin »

Publié le 22/06/2012
« Référente des référents » de sections en Auvergne, Yolande Serre dresse un premier bilan de l'expérimentation.

L’Uri Auvergne a mis en place des référents de sections syndicales. Où en est aujourd’hui l’expérimentation ?
Une trentaine de référents sont actuellement à l’œuvre, dont une majorité dans le Puy-de-Dôme, puisque c’est de ce département qu’est partie l’expérimentation. Ils sont issus de différents syndicats : Services, Agroalimentaire, Banques. Moi-même, je suis secrétaire du SGA 63, référente de cinq sections de mon syndicat et d’une section du Sgen, et coordinatrice de l’action des référents sur la région. Nous venons d’ailleurs de les réunir, les 4 et 5 juin, pour faire un premier bilan de l’expérimentation.

Quel était l’objectif de ces deux jours ?
Il s’agissait de faire un point sur le nombre d’appels, leur motif, etc., à partir du « kit du référent », dans lequel ils doivent noter le détail des contacts avec les sections dont ils assurent le suivi. Le premier jour, les référents ont pu faire un bilan de leur ressenti, de leur vécu, de leurs pratiques. Le deuxième jour, nous avions invité des sections et des syndicats à participer.

Qu’en est-il ressorti ?
Les référents ont eu le sentiment d’avoir peu d’appels, et que ceux-ci portaient sur des banalités. Or ce qui est important, c’est que le contact ait été établi et que les sections puissent poser leurs questions, quelles qu’elles soient. Échanger entre eux leur a donc permis de voir qu’ils ont fait leur travail. En revanche, ces deux jours ont montré la nécessité de recontacter les délégués syndicaux des sections afin de leur redire le rôle des référents. Les sections présentes – cinq du SGA et quatre du commerce – ont mis en avant leur satisfaction, jugeant que le dispositif leur est utile, apporte des réponses à leurs questions et que les référents sont disponibles.

Sur quoi portent les questions des sections ?
Principalement aux élections professionnelles – dans l’optique d’obtenir des conseils ou encore un coup de main –, les accords, les tracts. Certains ont relayé des demandes d’adhérents, voire de salariés. On s’est rendu compte au cours de la réunion que ça engendre des adhésions. Et c’est aussi l’occasion de faire un diagnostic avec la section : combien d’adhérents elle a, où se situent ses éventuelles difficultés, vérifier qu’elle connaît la politique de la CFDT…

Les syndicats sont-ils aussi satisfaits ?
Le premier point, c’est que ça soulage le secrétaire du syndicat, qui peut ainsi se consacrer à d’autres tâches. Cela permet aussi d’impliquer des militants qui, du coup, se rapprochent et participent davantage à la vie du syndicat. Grâce à l’expérimentation, les syndicats renouent avec des sections syndicales, alors qu’il n’y avait plus de contact.

Pour quelles raisons ?
Le syndicat ne prend pas toujours le temps d’appeler toutes les sections. Et certaines d’entre elles ne font pas ce pas non plus. L’expérimentation du référent de section, c’est donc tendre la main aux sections qui ont besoin de conseils mais n’ont pas le réflexe d’établir le contact.

Cela a-t-il été difficile de convaincre les syndicats de se lancer dans l’expérimentation ?
Non. J’ai fait le tour des syndicats pour leur présenter le rôle et les missions du référent. Certains ont adhéré tout de suite au dispositif, d’autres sont intéressés : le Sgen, Protection sociale, Construction-bois, Transports, Interco. Ensuite, nous avons listé les sections qui en avaient besoin, avec lesquelles ils étaient le moins en contact. Le plus gros du travail a été de trouver des référents. D’autres syndicats sont déjà structurés de cette façon et ne sont donc pas entrés dans le dispositif, sans y être opposés.

Quels sont les principaux freins ?
Avant tout, le manque de temps. Certains référents n’ont pas d’heures de délégation. Si le dispositif se généralise et que la demande des sections augmente, il faudra se poser la question des moyens. Mais un dispositif qui se généralise et qui marche, ce serait tip-top !

Propos recueillis par Aurélie Seigne

 

Ce qu’ils disent de l’expérimentation des référents de sections

? Les référents se sont étonnés du « peu de contacts » avec les sections, tout en constatant que « des réponses ont été apportées, que ça porte ses fruits et permet de rompre l’isolement ». Des échanges entre eux ressort « l’adaptation du dispositif à chaque syndicat en fonction des réalités du terrain ». Ils réclament davantage de « mutualisation des moyens et des informations », y compris sur les façons de faire.

? La dizaine de sections présentes a rendu compte des effets du dispositif à leur niveau, en fonction de leurs réalités. Les nouvelles sections ont ainsi pu apprécier l’aide apportée par le référent pour se saisir de nombreux sujets en début de mandat, qu’il s’agisse des prérogatives du comité d’entreprise et de la mise en œuvre de celles-ci, des négociations, de la réalisation de tracts. D’autres sections, en « reconstruction » après avoir perdu leur représentativité, sont davantage en attente de conseils en matière de pratiques syndicales. Enfin, pour d’autres, le référent garantit une présence dans la perspective d’élections professionnelles proches.

? Les syndicats insistent sur le « gain de temps » et constatent que le dispositif permet de « resserrer les liens » avec les sections. Ainsi, le Sgen a pu reprendre contact avec des sections « perdues de vue » et renouveler des adhésions. Au-delà, la mise en place des référents de section a permis de rapprocher le pro et l’interpro.