L'Auvergne, une Uri en pointe sur le service aux adhérents

Publié le 08/12/2011
Depuis juillet 2008, l'Uri Auvergne à mis en place un service d'accueil aux adhérents isolés, en s'appuyant sur les ressources du réseau CFDT. Le succès est au rendez-vous.
L'Auvergne, une Uri en pointe sur le service aux adhérents
L'Auvergne, une Uri en pointe sur le service aux adhérents
Depuis juillet 2008, l'Uri Auvergne à mis en place un service d'accueil aux adhérents isolés, en s'appuyant sur les ressources du réseau CFDT. Le succès est au rendez-vous.

Bien avant le congrès de Tours et son vote en faveur d’un accueil centralisé aux adhérents, l’Uri Auvergne avait fait sienne l’idée d’apporter son appui aux adhérents et aux salariés isolés, grâce à un service spécifique. C’est forte de cette expérience en­tamée le 1er juillet 2008 que l’équipe régionale s’est inscrite – ainsi que les Uri Nord-Pas-de Calais et Rhône-Alpes – dans l’expérimentation d’un nouveau service aux adhérents qu’a lancé la Confédération. Un bilan de presque trois ans de fonctionnement du Saas ( Service d’accueil des adhérents et des salariés ) apporte déjà de solides éléments de pratique, sur lesquels l’expérimentation va évidemment pouvoir s’appuyer. 

La permanence des “accueillants et accueillantes

« Avant la création du Saas, nous avions une classique permanence juridique animée par deux salariés, rappelle Claude Bost, l’énergique secrétaire général de l’Uri. Mais puisque ces deux personnes partent à la retraite, nous avons dû repenser notre mode d’accueil. Nous avons décidé de ne plus nous limiter aux questions juridiques, mais d’élargir le débat aux questions de for­mation professionnelle et de vie au travail. » Dans le même temps, le fonctionnement de la permanence est revu. L’idée de mobiliser les ressources internes de la CFDT ainsi que son réseau émerge. Ainsi, plutôt que d’être assurée par des salariés, la permanence sera tenue par des accueillants et accueillantes – certains bénévoles, d’autres membres de l’Uri, actifs et retraités. Et chacun apporte ses diverses compétences, en fonction de son parcours professionnel ou de son réseau. Ils sont six réguliers pour un total d’une quinzaine d’accueillants. La majorité possède une expérience de conseiller ou de défenseur du salarié, quelques-uns ont été conseillers prud’homaux – à l’instar de Gérard Presset-Capy, membre hyperactif du Saas, qui a siégé vingt-six ans au conseil des prud’hommes et multiplie les casquettes de représentant CFDT : administrateur au Fongecif, président de l’instance paritaire régionale de Pôle emploi… Un réseau précieux sur lequel il peut s’appuyer au gré des sollicitations des salariés venus demander de l’aide ou un conseil au Saas.

Dans ce fonctionnement, le réseau des mandatés CFDT constitue une autre ressource essentielle. L’équipe régionale, au terme d’un long travail de recensement, a pu établir un fichier de près de deux cents mandatés, dans tous les domaines : logement, emploi, conditions de travail, formation professionnelle… Ce travail de structuration s’est accompagné de la rédaction d’une charte des mandatés, stipulant que ces derniers s’engagent à participer au Saas. « L’idée est de mettre en mouvement notre réseau de militants dans les institutions, afin qu’ils soient au service de nos adhérents et des salariés », souligne Claude Bost. Ponctuellement, le Saas a également eu recours aux compétences d’avocats stagiaires ( venus six mois en stage à l’Uri ) ou d’étudiants en Master 2 de droit, qui donnaient un sérieux coup de main lors des permanences d’accueil. 

Plus de trois cents personnes en 2010…

Le succès est au rendez-vous. La permanence du jeudi, ouverte de 9 heures jusqu’à 19 h 30, voire 20 heures, ne connaît pas de temps mort. En 2010, le Saas a accueilli plus de trois cents personnes, « dont 99 % de salariés et d’adhérents d’entreprises de moins de cinquante salariés. Ces personnes n’ont pas la chance d’avoir un représentant du personnel à qui poser leurs questions », explique ­Daniel Landry, responsable du Saas et ­retraité du Crédit Agricole. « On cherche à apporter une réponse globale, explique Gérard. Si la personne vient pour un conflit qui l’oppose à son employeur, on ne va pas se limiter à une réponse juridique, par une procédure aux prud’hommes ou la négociation d’une rupture conventionnelle, par exemple. On va aussi lui proposer de réfléchir à son avenir professionnel, à une éventuelle formation, on va lui parler du congé individuel de formation, voire l’aider à préparer son dossier… »

Il est parfois arrivé que, lors de l’entretien, l’accueillant devine les difficultés financières du salarié ou de l’adhérent. Dans ce cas, le relais est donné à Patricia Barthomeuf, “l’assistante sociale” du Saas – comme ses collègues la surnomment affectueusement –, qui n’a pas son pareil pour trouver des fonds sociaux. Le réseau, encore et toujours !

L’excellente notoriété locale du Saas
 
Trois ans après son lancement, le Saas a trouvé ses marques et bénéficie localement d’une excellente notoriété, avec soixante-dix nouveaux adhérents à la clé. L’Uri réfléchit désormais au fait d’en élargir le rayon d’action. Notamment à l’ensemble des départements de la région, puisque l’expérience est aujourd’hui limitée au Puy-de-Dôme. « Le défi, désormais, consiste à mettre l’ensemble de la CFDT en mouvement en Auvergne, pour le service aux adhérents, en nous appuyant davantage sur les structures professionnelles. Leur implication sera déterminante », souligne Claude Bost. Et il se creuse déjà les méninges à propos de l’étape suivante : l’articulation du dispositif avec les syndicats et les élus d’entreprise, afin de leur offrir un appui pour répondre aux questions de leurs adhérents, dans leur entreprise ou sur leur territoire. L’expérimentation confédérale devrait évidemment alimenter la dynamique.