François Chérèque débat avec les militants

Publié le 29/06/2011 à 00H00
François Chérèque débat avec les militants
François Chérèque débat avec les militants

Plutôt qu’une intervention à la tribune (traditionnelle), c’est à un exercice d’une heure et demie d’échanges avec les militants auquel s’est livré le secrétaire général de la CFDT présent durant les deux derniers jours du congrès régional (un honneur et une première pour l’union régionale). Parmi les principaux thèmes abordés, relevons-en quelques-uns :

  • Solidarité : Pointant du doigt la baisse du chômage, François Chérèque a réaffirmé la hausse inquiétante de la précarité.  S'il avait soutenu la création du RSA, il admet désormais que ses conditions d'application, notamment son entrée en vigueur pendant la crise, n'ont pas servi  les objectifs qu'il visait. « Le RSA a constitué un effet d'opportunité pour certaines entreprises qui ont embauché à mi-temps, réduisant le chômage, sous prétexte que le RSA allait combler le manque », a-t-il ainsi déploré. Idem pour la prime de 1 000E, qui, après moult modifications, ne concernera peut-être, tout au plus, « que 20 % des quatre millions de personnes censées la toucher ».
  •  Immigration : Critiquant de manière acerbe « le climat nauséabond et le discours populiste » véhiculé par le gouvernement, François Chérèque n'a pas manqué de regretter que les immigrés soient redevenus « des bouc-émissaires ». Le printemps arabe a massivement exilé nombre de jeunes que la France et l'Italie refusent d'accueillir. « Un comportement inacceptable »,pour le secrétaire général, qui a sauté sur l'occasion pour rappeler que la Tunisie, elle, avait accueilli 300 000 Libyens. Mais loin de lui l'idée de faire de la France une terre d'asile professionnel. « En Pologne, quand tous les ouvriers qualifiés ont quitté leur pays, ce fut une véritable catastrophe »,a-t-il remémoré. Le rôle de la France et de l'Europe, au contraire, serait, à terme, dit-il, de réorganiser les relations commerciales avec la Tunisie. « Car l'avenir des jeunes Tunisiens est avant tout dans leur pays ».
  • Nucléaire : Historiquement, la CFDT a toujours exprimé son rejet du tout-nucléaire. François Chérèque a réaffirmé cette position en appelant au débat sur le sujet au sein du bureau national en septembre prochain. Toutefois, il souhaite que le mix énergétique français ne soit plus assuré qu'à 50 % par le nucléaire, insistant bien sur les changements de comportement qu'induira un tel virage.
  •  Rapport au politique : Interrogé sur le positionnement de la CFDT lors des prochaines échéances électorales, il a rappelé la posture de la CFDT « une neutralité partisane » :  la CFDT condamnera et contestera les positions du Front National, « un parti pas comme les autres et dont les valeurs sont antinomiques avec celles du syndicalisme que nous défendons », et la CFDT interpellera (en partenariat avec d’autres)  les différents candidats, notamment autour de la démocratie sociale : « Si certains mettaient en œuvre ce qu’ils prônent sur ce thème, ce serait une grande avancée pour notre pays ».
  •  Notre façon de combattre le populiste : François Chérèque a démontré que la liste des accords conclus (jeunes, emploi, apprentissage…) prouve que des avancées sont possibles. « Jamais, en tant que syndicaliste, je ne dirai qu’il n’y a pas d’espoir pour les jeunes. Ne semons pas la désespérance dans notre pays. Nous avons obtenu des choses sur l’emploi des jeunes, le logement, l’Assurance chômage, il nous faut les expliquer aux salariés pour les sortir de ce sentiment de frustration qui nourrit les extrêmes. Ces accords, c’est notre façon de combattre les discours populistes  », explique t’il.