170 tribunaux mobilisés ce 10 février dont celui de Lille

Publié le 10/02/2011 à 00H00
Un rassemblement s'est déroulé devant le Palais de Justice de Lille suite aux déclarations du Président de la République. Pascal Catto, secrétaire général, était présent. Francis Pluvinage, secrétaire du syndicat Etat-Région-Département y a pris la parole
170 tribunaux mobilisés ce 10 février dont celui de Lille
170 tribunaux mobilisés ce 10 février dont celui de Lille
Un rassemblement s'est déroulé devant le Palais de Justice de Lille suite aux déclarations du Président de la République. Pascal Catto, secrétaire général, était présent. Francis Pluvinage, secrétaire du syndicat Etat-Région-Département y a pris la parole

« Une mobilisation sans précédent … Tous unis pour la Justice ». C’était la tonalité du rassemblement qui s’est déroulé ce jeudi devant le Palais de justice de Lille, avec environ 300 personnes (magistrats, greffiers, personnel  judiciaire…) et les représentants de nombreux syndicats (Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Syndicat des greffiers… mais aussi CFDT et CGT). Francis Pluvinage a apporté le soutien de toute la CFDT  de la métropole Lilloise et en particulier du personnel  de son syndicat (Justice, Police..) ainsi que le soutien des salariés impliqués en tant que juges dans les tribunaux prud’homaux.

 

A la conférence de presse qui a suivi, les représentants des syndicats autour de la table ont insisté sur 3 points :

  • Le manque de moyens des magistrats pour assurer correctement leur travail, chiffres à l’appui. Au tribunal de Lille, le suivi des mesures (c’est-à-dire la façon dont les juges d’application des peines sont en capacité de faire respecter les obligations à des condamnés) est significatif de ce manque de moyens : par an,  8537 mesures pour 6 magistrats, soit 1422 mesures par juge sur 210 jours de travail par an soit 6,7 mesure à suivre par jour !  Sur Boulogne-sur-mer, il y a  un seul juge pour suivre 2700 mesures soit 1600 personnes à suivre ! Sur Avesnes-sur-Helpe, ce sont 2300 personnes pour 2 juges d’application des peines !
  • Au-delà des moyens, c’est une institution qui est délibérément mise en cause au plus haut niveau  par le chef de l’Etat lui-même. Il y avait le manque de  moyens, il y a maintenant les principes. Et cela n’est pas supportable. « On n’est pas vent debout contre Nicolas Sarkozy. On est mobilisé et tous unis pour la justice ! » a-t-on entendu de la bouche d’un magistrat.
  • L’emballement de la chaîne pénale. Répondant à une question de la presse, Francis Pluvinage, seul représentant présent pour les syndicats Police et Justice, a démontré « comment  les effets de dysfonctionnement constatés aujourd’hui proviennent de l’emballement de la machine pénale depuis 2002 pour produire du résultat en oubliant qu’une chaîne pénale ne se saucissonne pas en 2 ou 3 parties avec d’un côté le ministère de l’intérieur qui réclame ses moyens et de l’autre le ministère de la Justice… Les fautes ne sont pas où vous croyez. Il y a des causes d’organisations structurelles plus fortes ! ».

Un apport et une analyse originale que seul un syndicat comme le syndicat CFDT Interco peut faire car il  regroupe en son sein à la fois le personnel de la justice mais aussi celui de la police. Les magistrats semblent décider à poursuivre une mobilisation qui ne se veut pas « corporatiste ».