Croisé Laroche : les salariés se sont battus pour leurs salaires et surtout leur dignité.

Publié le 19/05/2011 à 00H00
Après 9 jours de conflit, un accord "pour apaiser les choses" a été trouvé après une réunion de conciliation, présidée par le directeur départemental du travail... mais il y a une vraie crise dans la clinique.
Croisé Laroche : les salariés se sont battus pour leurs salaires et surtout leur dignité.
Croisé Laroche : les salariés se sont battus pour leurs salaires et surtout leur dignité.
Après 9 jours de conflit, un accord "pour apaiser les choses" a été trouvé après une réunion de conciliation, présidée par le directeur départemental du travail... mais il y a une vraie crise dans la clinique.

Après une rencontre mardi soir plutôt positive entre direction et grévistes, la journée d'hier, 9e du conflit, débute pour les salariés de manière plutôt positive. Certes, le bloc opératoire fonctionne et certains ont repris le travail, « mais ils sont étranglés, ils reprennent parce qu'ils n'ont pas le choix », témoigne un gréviste. Et l'on parle de 70 % de salariés encore en grève. À 13 h, débute à Lille, une réunion de conciliation présidée par le directeur départemental du travail lui-même, M. Marquet.

Et les représentants de la CFDT, dont Didier Bonte, secrétaire général de l'union territoriale interprofessionnelle  ont fait hier  le même constat. « La direction ne veut rien lâcher. On a essayé de faire des compromis de toute sorte mais rien. Tout est refusé, pour le principe. » « Je n'ai jamais vu ça », indique Martine Durot, secrétaire du syndicat santé-sociaux CFDT,  qui va même plus loin : « Je sais bien que c'est des cliniques privées, mais c'est quand même financé par l'Assurance Maladie. Et là, c'est du lucratif dans toute sa splendeur ».

La CFDT a décidé, après consultation des grévistes encore présents devant l'hôpital, de signer le document. « Notre objectif, c'est d'apaiser les choses à l'interne. Les représentants de la direction (en l'occurrence, Gérard Besanger, directeur général du groupe HPM, ainsi qu'Olivier Wattine et Laurent Wallez, PDG et directeur de la clinique du Croisé Laroche) n'ont pas gagné car il y a une vraie crise dans leur clinique et, là, ils s'en sont rendus compte », explique Martine Durot. Les personnels repartent avec le sourire, ils ont gagné le respect. Les représentants de la direction ont compris qu'il y a une vraie crise dans leur clinique. Une crise qui ne porte pas que sur les salaires, mais surtout sur des questions de dignité. » Une crise qui risque de laisser des traces.

« Au final, explique Martine Durot, on se rend compte que les salariés de la clinique du Croisé se sont battus pour les salaires certes, mais surtout pour leur dignité ».