L'Etat refuse de classer Ugine comme « site amianté » : la CFDT fait appel

Publié le 21/02/2011
La Commission Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la CFDT de Béthune n'a pas pris à la légère la décision de l'Etat : elle fait appel car l'enjeu est important pour les salariés d'Ugine
L'Etat refuse de classer Ugine comme « site amianté » : la CFDT fait appel
L'Etat refuse de classer Ugine comme « site amianté » : la CFDT fait appel
La Commission Accidents du Travail et Maladies Professionnelles de la CFDT de Béthune n'a pas pris à la légère la décision de l'Etat : elle fait appel car l'enjeu est important pour les salariés d'Ugine

La commission Accidents du travail et Maladies professionnelles (ATMP) de Béthune  a fait part à son auditoire du refus de l'État de placer le site d'Ugine (aujourd'hui APERAM) sur la liste des sites « amiante ». « Cette décision ne nous étonne pas, explique Christian Everaere. Le ministère fait tout pour exclure les usines sidérurgiques. Cela représenterait trop de monde à l'échelle du pays. Pour les salariés victimes, c'est une nouvelle blessure provoquée par des représentants de l'État avec le concours de la Sidérurgie qui les a fait travailler pendant des décennies au contact de l'amiante, sans les informer du danger, ni les protéger... C'est une insulte à la mémoire de ceux qui sont morts par leur faute. » Le rejet en date du 24 décembre vient de mettre un coup d'arrêt au dossier déposé par les requérants CFDT le 24 juillet 2007.

La CFDT fait appel

On se rappelle : Ugine avait été condamné en 2009 et 2010 pour « faute inexcusable » après l'exposition avérée d'anciens salariés à l'amiante. Alors la commission a décidé de faire appel de la décision de l'État en portant l'affaire devant le tribunal administratif. « ArcelorMittal a été reconnue responsable de maladies professionnelles dues à l'amiante dans dix dossiers que nous avons portés en 2009, confirme Christian Everaere. L'an dernier, six nouvelles condamnations ont été prononcées pour faute inexcusable devant le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Arras. Cinq autres dossiers sont engagés. Tout ça pour dire que, même si l'État justifie son refus en prétendant que la fréquence d'exposition à l'amiante et le nombre d'anciens salariés concernés n'étaient pas suffisants chez nous, le classement d'Ugine reste pour nous on ne peut plus d'actualité ».  Il s'appuye sur l'exemple de la société Franco-Belge de Merville et de la ICI de Chocques qui, toutes les deux ont été classées « site amiante » sans qu'elles n'en aient jamais produit. « Nous sommes dans le même cas de figure qu'elles avant leur classement. On a donc des arguments à faire valoir.» Pour la CFDT,  l’enjeu est important : si le site est reconnu sur la liste des sites amiantés, le syndicat pourrait, de fait, conduire à l'instauration d'un régime de départs en retraite anticipée.