Pourquoi le SGEN-CFDT n'appelle pas à la grève le 12 février

Publié le 08/02/2013 à 18H27
Bernard Steelandt, secrétaire général du SGEN-CFDT Nord-Pas de Calais en explique les principales raisons, en particulier le fait que cet appel voudrait déboucher sur l'abandon du projet de loi d'orientation sur l'école et l'abrogation du décret sur les rythmes scolaires.

"Les mots d'ordre lancés par les initiateurs de la journée de grève sont l'abandon du projet de loi d’orientation sur l’école et l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires. Pour le Sgen-CFDT, demander l'abandon du projet de loi d’orientation, c'est demander entre autres :

  • de laisser perdurer la NON formation initiale et continue des enseignants,
  • d’abandonner la programmation budgétaire des 60 000 postes sur 5 ans !
  • de renoncer au dispositif "plus de maîtres que de classes"...

Pour le Sgen-CFDT, demander l’abrogation du décret « rythmes », c'est demander le maintien de la semaine Darcos (26 heures sur 4 jours), que nous contestons depuis 2008 et unanimement décriée par tous les syndicats.  

 

Une cacophonie notoire


D’autres organisations ont rejoint le mouvement sur leur propre mot d’ordre (demande du report de la réforme des rythmes à 2014 ou approuvant la réforme sous exigences particulières) mais sans uniformité nationale (certains départements appellent, d’autres pas, certains sur la plate-forme initiale, d’autres sur la nouvelle…). D’où une cacophonie notoire puisqu'il y a grève le 12 février sur 3 appels en opposition totale…

Le 7 février, est sortie au BOEN la circulaire d'application du décret rythme. Elle donne des précisions sur la mise en œuvre vue par le Ministère qu'il faut d'analyser mais qui va dans le bon sens. D'autre part, il est tôt pour préjuger d'ores et déjà que les résultats de ces négociations sur les questions salariales qui s'ouvrent le 8 février.

 

Ne pas enterrer des réformes

 
Le Sgen-CFDT souhaite une réforme des rythmes scolaires. Celle que propose le ministère ne nous convient pas (c’est pourquoi nous ne l’avons as votée au Conseil Supérieur de l’Éducation). Nous considérons que le dossier a été mal géré par le Ministre et qu’il provoque à juste titre de nombreuses inquiétudes. Mais demander le statu quo n’est pas plus souhaitable. Demander le report conduit à enterrer la réforme sans oser le dire (elle ne résistera pas à la préparation des élections municipales).

Le Sgen-CFDT est résolu à aller plus loin dans l'allègement de la journée et les réformes sur les rythmes scolaires, le temps de travail, les programmes, l'égalité de rémunération entre les enseignants du 1er et du second degré…

Au final, cette journée va être dominée nationalement par la confusion entre les différents appels… et il en restera l’affichage d’un repli corporatiste des enseignants refusant la loi d'orientation et une réforme sur les rythmes
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