Les fonctionnaires ch'ti avaient beaucoup de choses à déclarer à François Chérèque ce 2 février

Publié le 03/02/2011 à 00H00 (mis à jour le 04/02/2011 à 19H43)
Si Dany Boon n'avait « Rien à déclarer » sur les écrans français, ce n'était pas le cas des agents de l'Education Nationale du Pas-de-Calais, de l'EPDSAE de Lambersart, du Centre Pénitentiaire de Sequedin ou du Conseil Régional et Général que François Chérèque est venu écouter dans le cadre de la campagne « Un, Deux, Trois Public » de la CFDT
Les fonctionnaires ch'ti avaient beaucoup de choses à déclarer à François Chérèque ce 2 février
Les fonctionnaires ch'ti avaient beaucoup de choses à déclarer à François Chérèque ce 2 février
Si Dany Boon n'avait « Rien à déclarer » sur les écrans français, ce n'était pas le cas des agents de l'Education Nationale du Pas-de-Calais, de l'EPDSAE de Lambersart, du Centre Pénitentiaire de Sequedin ou du Conseil Régional et Général que François Chérèque est venu écouter dans le cadre de la campagne « Un, Deux, Trois Public » de la CFDT

 Dans chacune des quatre étapes, l'entrée en matière a été la même : « Au Congrès Confédéral de Tours, les syndicats des fonctionnaires nous ont dit : ça va pas chez nous ! Il faut qu'on en parle ». C'est donc l'objet de cette campagne lancée par la CFDT les 1-2-3 Février. Près de 20 rendez-vous ont été organisés dans toute la région Nord-Pas de Calais avec les fonctionnaires des 3 Fonctions Publiques : Etat, Territoriale et Hospitalière. La journée-marathon de François Chérèque dans notre région s'est déroulée en 4 étapes.

 

A Arras, à l'IUFM. Dès 9h du matin, François Chérèque, accompagnée par deux équipes de Télévision, a accueilli lui-même des enseignants, anciens et nouveaux, des directeurs d'école, des administratifs : ils étaient une centaine, adhérents ou non à la CFDT, à avoir répondu à l'invitation du syndicat SGEN-CFDT et de son représentant sur le territoire du Pas-de-Calais, Michel Crepin.

De quoi a-t-il été question ? Bien sûr des réductions de postes dans l'Education Nationale, mais aussi des aménagements de fins de carrière qu'on promettait aux enseignants, de la précarité dans les fonctions publiques due à la succession de contrats (que les individus apprennent parfois par SMS !), du manque de moyens pour l'accueil des enfants handicapés, de l'accueil dès 2 ans. « On est en plein dans la gestion des restrictions des moyens qu'on fait subir aux personnes concernées, mais aussi aux enfants et à leur famille ». Sur le statut des fonctionnaires, François Chérèque précise : « Il y a des forces contradictoires qui veulent remettre en cause le statut... Je précise que pour moi, il y a des fonctions régaliennes traditionnelles auxquelles je rajoute l'Education... L'Etat doit maîtriser l'Education. Les fonctionnaires qui assurent ces fonctions doivent avoir un statut qui les protège de l'arbitraire politique et de l'alternance politique... Le statut du fonctionnaire n'est pas un avantage acquis mais une protection (...) ! » Plusieurs participants ont fait part de leur difficulté d'exercer leur métier dans de bonnes conditions, liées aux manques de moyens, au nombre d'élèves par classe, à la lourdeur administrative du système... Et François Chérèque à exhorter les adhérents CFDT présents à faire « Il faut que les fonctionnaires sortent de cette culpabilité : « J'ai un emploi, je ne peux pas me plaindre ! » et de faire du travail leur priorité : l'organisation, les conditions, la souffrance au travail ».

A Lambersart, l'EPDSAE. Dans cet établissement public départemental de soins, d'adaptation et d 'éducation, François Chérèque (ancien éducateur spécialisé) s'est senti à l'aise dans le débat avec la trentaine de salariés présents. Ont été évoqués notamment le malaise lié aux restructurations au sein de l'établissement, le trop grand nombre d'emplois précaires (encore une fois), le maquis des statuts et la difficulté d'assurer au mieux le travail auprès des enfants, du maquis des statuts (On a autant de statuts et de règles que de ministère ! »). Mais aussi la question des retraites suite à l'action de l'an dernier : « Pour nous le débat n'est pas clos : cette année, on est sur la négociation des retraites complémentaires ; 2012, une échéance d'ordre politique ; 2013 : une remise à plat du système et 2014, ce sera une nouvelle réforme car la dernière n'a rien réglé ! ». Après un repas pris en commun avec les salariés, direction Sequedin.

Au centre pénitentiaire de Sequedin. Accueilli par les responsables du syndicat (Francis Pluvinage et Philippe Mesnil), François Chérèque a été très attentif aux témoignages des gardiens et agents travaillant dans les différents centres pénitentiaires de la région (Sequedin, Loos, Bapaume...). Tous ont parlé de l'augmentation de l'agressivité verbale mais aussi physique, du manque d'effectif, d'une vie familiale complètement perturbée part les rythmes de travail, de la sous-traitance de certaines tâches... En cause une  mauvaise gestion, des manques de moyens et d'effectifs (en quelques années on est passé de 35 à 13 personnes!) et la pression, toujours cette pression : « Tout est devenu prioritaire.. Et le système ne prend pas en compte le travail engendré par de nouveaux textes législatifs. Il faut toujours rendre des comptes par écrit ». Même si le débat avec la trentaine de participants présents a été raccourci pour permettre à François Chérèque de visiter l'établissement et de se rendre compte de visu des conditions de travail décrites précédemment, nul doute que ce temps d'échange a fortement marqué le Secrétaire Général, qui a pris beaucoup de notes.

Avec les agents du Conseil Régional et du Conseil Général. Dernière étape de la journée : le siège du Conseil Régional où l'attendaient une centaine d'agents (adhérents et sympathisants). Au menu concocté par Benoit Guittet, le responsable de la section CFDT : le choc provoqué par l'augmentation des effectifs (on est passé de 1300 à 5600 salariés aujourd'hui, un service de DRH passé de 60 à 150 salariés...) avec dernièrement par l'intégration des TOS (agents d'entretien des lycées), venus de l'Etat et personnel aujourd'hui du Conseil Régional, avec un problème récurrent : leur double dépendance (Direction des lycées donc Education National et salariés du Conseil régional)... Ont été évoqués aussi les problèmes de conditions de travail (des agents des Ports par exemple), l'intégration de certains contractuels... Une enquête faite par la CFDT auprès des cadres A révèle la nécessité de clarifier le management et de réfléchir à des questions de plus en plus prégnantes pour eux, comme le travail fait à la maison. Dans le débat, a aussi été abordé le devenir des collectivités territoriales avec la réforme envisagée : « C'est pour demain... Et on ne sait pas ce qui va se passer ! ». « L'Etat pense qu'une fois la loi votée, la réforme est appliquée, renchérit François Chérèque. Il devrait penser en même temps les conditions de son application ! », d'autant plus que le secrétaire général de la CFDT ne croit pas qu'une alternance politique fera revenir les politiques sur une telle réforme... sauf à la marge !  Dans les Fonctions Publiques, on ne sait toujours pas anticiper.