L'adieu de la grande famille syndicale à Julien Delaby

Publié le 14/02/2012 à 00H00
Le journal Nord Eclair rend compte des funérailles de l'ancien secrétaire général de la CFDT, qui se sont déroulées à Lens le 13 février. Retrouvez également les hommages prononcées à cette occasion par Dominique Crepel, ancien secrétaire régional dans l'équipe de Julien, et par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT nationale.
L'adieu de la grande famille syndicale à Julien Delaby
L'adieu de la grande famille syndicale à Julien Delaby
Le journal Nord Eclair rend compte des funérailles de l'ancien secrétaire général de la CFDT, qui se sont déroulées à Lens le 13 février. Retrouvez également les hommages prononcées à cette occasion par Dominique Crepel, ancien secrétaire régional dans l'équipe de Julien, et par Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT nationale.

   

L'adieu de la grande famille syndicale à Julien Delaby

Les grands noms de la CFDT ont rendu hommage à Julien Delaby qui, selon eux, n'a eu de cesse de bousculer les frontières du syndicalisme pour mieux le faire évoluer.

Des représentants nationaux et régionaux de la CFDT et de nombreux militants se sont réunis, hier matin, en l'église Saint-Léger de Lens afin de rendre un dernier hommage à Julien Delaby.


Les 400 sièges de l'église Saint Léger de Lens n'étaient pas de trop pour accueillir la foule venue assister aux funérailles de Julien Delaby. Car c'est toute sa famille syndicale qui était présente, hier matin, aux côtés de sa femme, de ses enfants et de ses petits-enfants. Essentiellement des militants du Nord - Pas-de-Calais, au premier rang desquels Jean-Marie Toulisse, Philippe Perrault et Pascal Catto qui se sont succédé au poste de secrétaire général de l'union régionale interprofessionnelle (URI) CFDT après qu'il l'eut quitté en 1988.


« Nous sommes ses fils spirituels, lancent-ils en choeur. Nous poursuivons le bel héritage qu'il nous a légué tout en conservant le même esprit d'ouverture et de modernité. » Car le Méricourtois, engagé dans la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) dès l'âge de 14 ans, était un visionnaire. « C'est lui qui, dans le cabinet de Mauroy, avait lancé l'idée d'un transport collectif régional, ce qui est aujourd'hui notre TER. » Lui encore qui, « au moment où les nouvelles technologies arrivaient, faisait le tour des entreprises pour voir ce qui bougeait et comment les salariés le vivaient ». Entourée de ses prédécesseurs Jean Kaspar et Edmond Maire, Nicole Notat - qui fut à la tête du syndicat durant 10 ans et connut Julien Delaby lorsqu'elle fut secrétaire nationale de 1982 à 1988 - garde de lui le souvenir d'un « homme de conviction, d'engagement, de dialogue et d'action ».

Le bassin minier chevillé au corps

Celui qui avait pour habitude de se décrire comme un « militant chrétien syndicaliste » était aimé et considéré pour son inventivité et son goût de l'innovation. Mais aussi pour sa convivialité. Francis Vandeweeghe, questeur au conseil économique et social dont Julien Delaby fut également membre, ne manque pas d'anecdotes à cet égard. « C'est simple, quand il venait dans nos bureaux à Paris, il faisait 200 m en une demi-heure, car tout le monde venait le saluer. » D'autres se remémorent, le sourire aux lèvres, son humour et plus particulièrement « ses fameuses histoires de Cafougnette ». Pour beaucoup, son humanité a irrémédiablement guidé sa conception du syndicalisme, davantage tourné vers la négociation que l'affrontement. « C'était quelqu'un d'entier, qui avait un grand coeur et qui aimait le monde ouvrier , se rappelle Patrick Lewandowicz, ex-secrétaire du CE de la Française de Mécanique. Et il était particulièrement attaché à son territoire. » Ce bassin minier dans lequel il a grandi, auquel il était viscéralement attaché et dont il suivait avec attention la reconversion. « Il a soutenu depuis le début le dossier Unesco parce qu'à ses yeux, il met en valeur la dimension humaine de ce territoire et qu'il est également un moteur de développement. Malheureusement, il est parti six mois avant le classement espéré », regrette Jean-François Caron, le maire Vert de Loos-en-Gohelle et président de l'association Bassin minier uni (BMU), dont le père lança avec Julien Delaby l'Imprimerie artésienne, une coopérative créée suite à la scission de la CFTC.

Militant jusqu'àson dernier souffle

Malgré la maladie, une myopathie dont il souffrait depuis plus de 20 ans et qui lui a coûté la vie le 7 février dernier, la flamme de son engagement ne s'est jamais éteinte, ni même n'a vacillé. « On continuait de se réunir régulièrement au sein de la section des retraités de la CFDT de Lens , atteste Léon Duhen, 86 ans et ancien trésorier de l'URI sous André Glorieux puis sous Julien Delaby. Dernièrement, il était particulièrement impliqué autour du problème de l'amiante. » Un de ses nombreux combats que ses camarades et amis se sont promis de poursuivre.

« On perd un grand militant qui a mis sa vie au service des autres. Pour Dominique Crepel, le meilleur hommage qu'on peut lui rendre est de continuer le chemin qu'il a tracé. »


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