« La conférence sociale a donné la feuille de route, les revendications restent » (Pascal Catto)

Publié le 27/08/2012 à 00H00
Dans une interview à Nord Eclair du 27 Août, le secrétaire général de la CFDT Nord-Pas de Calais revient sur la situation économique et sociale de la région
« La conférence sociale a donné la feuille de route, les revendications restent » (Pascal Catto)
« La conférence sociale a donné la feuille de route, les revendications restent » (Pascal Catto)
Dans une interview à Nord Eclair du 27 Août, le secrétaire général de la CFDT Nord-Pas de Calais revient sur la situation économique et sociale de la région

« La conférence sociale a donné la feuille de route,

les revendications restent »

Début juillet, la CFDT réclamait la création d'une cellule de crise. Comme en 2009 au plus fort de la crise. Une réunion devrait réunir les partenaires sociaux et le commissaire au redressement productif. Le point avec Pascal Catto (CFDT).

Quel est votre état d'esprit ?  C'est l'inquiétude qui prédomine sur les problèmes économiques et de l'emploi, pas réglés dans la région et nous réclamons pour cela des mesures urgentes, comme des dispositifs de soutien, d'aide et d'accompagnement à l'emploi. Sur les contrats d'avenir, il va falloir aller plus vite et surtout, soutenir bien en amont les entreprises en difficulté. Il faudrait également pouvoir mettre en oeuvre du chômage partiel ou des formations, au lieu de licencier immédiatement. Et sur ce point, il en va également de la responsabilité des chefs d'entreprise.

Quels sont les derniers chiffres dont vous disposez ?  Fin juin, nous étions dans la région à 341 800 demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues, soit une hausse de + 5,1 % en un an ! Une hausse du chômage qui touche en premier les 50 ans et plus (+ 13 % en un an) et les jeunes (+ 1,3 % en un an). Il y a eu 4 813 licenciements économiques au cours du premier semestre 2012, qui ont touché 930 entreprises de la région. En moyenne, c'est 300 licenciements de plus sur un trimestre qu'en 2011.

Et les secteurs les plus touchés ?  En premier celui de la construction, avec 1 073 licenciements dont 600 dans des entreprises de moins de 10 salariés. Puis les transports, avec 1 027 licenciements. Vient ensuite le commerce avec 514 licenciements. Suivent l'industrie chimique (328 licenciements), le secteur de la maintenance industrielle (231 licenciements), l'agroalimentaire (205 licenciements, l'imprimerie (183 licenciements) et les services administratifs (198 licenciements). Les bassins d'emploi les plus touchés sont celui de Calais, avec notamment les 660 licenciements de SeaFrance et celui de Lille-Roubaix-Tourcoing qui concentre 1 029 licenciements.

La baisse du recours à l'intérim se confirme, un autre signal inquiétant ? > Il avait déjà beaucoup baissé de 2009 à 2011 mais de janvier à mars 2012, 800 emplois intérimaires ont disparu. Ça montre que la crise est toujours là et que les premiers à trinquer sont les intérimaires ou CDD non renouvelés.

Alors, que faut-il faire ? Être vigilant, notamment dans l'automobile où l'on sait qu'il y aura du chômage partiel à Renault, à la Française de Mécanique, etc. Être réactif aussi et anticiper davantage. Mais on parle beaucoup des licenciements dans les grandes entreprises, or, la majorité ont lieu dans des PME de moins de 10 ou 20 salariés. Ce qui manque, c'est un dispositif d'accompagnement des TPE/PME et ce sera l'enjeu de la mission du commissaire au redressement productif nommé dans la région : il faut un plan de bataille pour éviter ces licenciements dont on ne parle pas, ou peu. Qu'il active tous les dispositifs existants en cas de difficulté de trésorerie des entreprises.

Avec un gouvernement de gauche, les revendications restent ?  Bien sûr mais la méthode a changé, avec plus de dialogue, de concertation. La conférence sociale de juillet a donné la feuille de route, les discussions vont s'ouvrir mais les revendications demeurent. Ce qui ne veut pas dire qu'on le clamera dans la rue.

PROPOS RECUEILLIS PAR C.J.