François Chérèque à La Voix Du Nord : « J'ai honte de ce qui se passe »

Publié le 10/01/2012 à 00H00
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a désavoué les délégués CFDT de SeaFrance en considérant que le syndicat calaisien s'est enfermé dans une impasse, au détriment des 880 salariés. ...
François Chérèque à La Voix Du Nord : « J'ai honte de ce qui se passe »
François Chérèque à La Voix Du Nord : « J'ai honte de ce qui se passe »
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a désavoué les délégués CFDT de SeaFrance en considérant que le syndicat calaisien s'est enfermé dans une impasse, au détriment des 880 salariés. ...

 

Dans une interview parue ce mardi 10 janvier dans La Voix du Nord, Fançois Chérèque revient sur la situation à Sea France

 

- Considérez-vous que la CFDT SeaFrance s'est entêtée dans son projet de coopérative ?
« Le syndicat s'est en effet enfermé dans une logique qui a abouti à une impasse. La société coopérative ouvrière de production n'était pas viable et n'avait pas les moyens de fonctionner. Les porteurs du projet ont bloqué tout autre projet de reprise. Pour les 880 salariés, il était impératif de se mettre autour de la table, au moins pour étudier toutes les options de reprise. Le rôle d'une organisation syndicale, c'est de sauver les emplois, ce qui n'a pas été fait. On risque d'avoir 880 chômeurs plutôt que 640 personnes au travail, parce qu'on n'a même pas écouté les propositions. C'est une attitude coupable de la part de la CFDT SeaFrance. Je pense aux salariés de SeaFrance qui ont fait confiance à un syndicat et qui ont été trompés. »  
- Avez-vous essayé de convaincre les responsables de la CFDT SeaFrance d'envisager autre chose que la SCOP ?
« À plusieurs reprises. Mais nous n'avons tout simplement pas été entendus ni écoutés. »
- Donnez-vous crédit aux soupçons multiples qui pèsent sur la CFDT SeaFrance et ses responsables ?
« Les révélations dans la presse se multiplient. C'est à la justice de les confirmer. Les accusations et les comportements décrits posent question et renvoient une image de la CFDT qui n'est pas notre conception du syndicalisme. J'ai honte de ce qui se passe chez SeaFrance. Le comportement de ses militants n'a pas été très honorable. »
- Envisagez-vous une exclusion des leaders de la CFDT SeaFrance ?
« Le droit est ainsi fait qu'il faudrait exclure le syndicat dans son entier, ce qui est compliqué. Mais nous prendrons nos responsabilités. »
- Que pensez-vous de la proposition d'Eurotunnel, qui se déclare prêt à soutenir le projet de sauvetage de SeaFrance ?
« C'est une solution à laquelle je ne crois pas et qui ne me semble pas très honnête. Eurotunnel intervient dans le débat en espérant en fait que la coopérative échoue, pour avoir un concurrent de moins. Ce qui me semble plus raisonnable, c'est d'imaginer un projet industriel solide, parce que l'essentiel, c'est de sauver les 880 emplois. »