Les enjeux économiques, version CGT et CFDT du Nord Pas-de-Calais

Publié le 02/05/2012 à 00H00
Quels sont les enjeux économiques de l'élection présidentielle ? Agnès Le Bot et Pascal Catto, secrétaires régionaux de la CGT et de la CFDT, répondent aux questions de La Voix du Nord du 2 Mai 2012 à la veille du second tour de la présidentielle
Les enjeux économiques, version CGT et CFDT du Nord Pas-de-Calais
Les enjeux économiques, version CGT et CFDT du Nord Pas-de-Calais
Quels sont les enjeux économiques de l'élection présidentielle ? Agnès Le Bot et Pascal Catto, secrétaires régionaux de la CGT et de la CFDT, répondent aux questions de La Voix du Nord du 2 Mai 2012 à la veille du second tour de la présidentielle

Les enjeux économiques, version CGT et CFDT

mercredi 02.05.2012, 05:02- PROPOS RECUEILLIS PAR VALÉRIE SAUVAGE

 Agnès Le Bot (CGT) et Pascal Catto (CFDT) livrent leur analyse avant le second tour. PHOTOS ARCHIVES «LA VOIX» 

 

- Quel est pour vous la question économique essentielle à la veille du second tour ?

Agnès Le Bot (CGT) : « Une autre répartition des richesses créées est nécessaire. Ce n'est pas en continuant à favoriser les plus aisés et les actionnaires que l'on pourra sortir de cette crise. Il faut au contraire privilégier les revenus des salariés, la protection sociale, l'investissement productif. L'économique et le social sont présents dans cette campagne, mais une forte aspiration à un changement de politique économique et sociale s'est exprimée au premier tour. C'est une première sanction pour Nicolas Sarkozy. Le score élevé du Front national doit également interpeller les décideurs : la question du combat contre le rejet de l'autre, la nécessité de travailler et vivre ensemble est aussi affaire de choix économiques. »

Pascal Catto (CFDT) : « La question de l'emploi est pour moi essentielle : il faut repenser un nouveau mode de développement économique en l'articulant avec les questions sociales et environnementales, et rattraper notre retard en termes d'investissement, d'innovation, de formation. Car la compétitivité n'est pas seulement une question de compétitivité des coûts (et notamment de coûts salariaux). Il s'agit d'innovation, de formation, de la redéfinition de notre tissu économique et industriel. Il faut soutenir un outil industriel organisé à travers des filières en région et une politique industrielle européenne dynamique et concertée pour des emplois de qualité. »

- Le débat économique semble se focaliser autour des thèmes de rigueur et/ou de croissance. Qu'est-ce qui est prioritaire ?

Agnès Le Bot (CGT) : « Croissance ou rigueur, ce n'est pas la même chose ! En particulier pour le quotidien des salariés, chômeurs et retraités. J'observe d'ailleurs que la rigueur est toujours de mise pour les salariés tandis que les financiers peuvent continuer à prospérer. Pour sortir de la crise, il faut aller chercher la croissance par la promotion des salaires, de l'emploi, de la formation, de la recherche et de l'innovation. Nous disons avec les syndicats européens que l'austérité ne fait qu'aggraver la situation économique et sociale. »

Pascal Catto (CFDT) : « Il faut réduire les déficits sinon la facture sera payée par les générations futures. Mais il faut aussi une politique volontariste pour relancer la croissance et le pouvoir d'achat. Les efforts sont aujourd'hui injustement répartis : les salariés et les ménages subissent trop aujourd'hui les effets d'une crise dont ils ne sont pas responsables ! L'État doit être capable de répartir et d'articuler efficacement l'intervention publique sur l'ensemble du territoire en se dotant notamment d'une fiscalité plus juste et plus efficace. »

- Y a-t-il un programme qui vous paraît plus à même de redresser la situation économique de la France ?

Agnès Le Bot (CGT) : « Il ne saurait être question pour ma part de cautionner un programme. Ce qui est sûr, c'est qu'avec Nicolas Sarkozy, c'est la part belle au MEDEF, et les sacrifices pour les salariés ! Il entend remettre en cause le rôle des organisations syndicales. Élire un nouveau président est nécessaire pour ouvrir un nouveau contexte plus favorable aux revendications. »

Pascal Catto (CFDT) : « Le programme qui répondra au mieux à la prise en compte des préoccupations des salariés et retraités, c'est celui qui apportera plus de justice et de cohésion sociale. Il sera donc nécessaire de réunir une conférence sociale pour fixer les priorités, le calendrier et la responsabilité de chacun. C'est à ce prix que la démocratie sociale jouera son rôle et contribuera à construire un avenir ambitieux, plus juste et solidaire pour tous. »