Pascal Catto : "Sur le dossier Retraites, le contact est rompu avec l'Elysée"

Publié le 02/10/2010 à 00H00
Retrouvez " l'interview-portrait " de Pascal Catto, secrétaire général CFDT Nord-Pas de Calais, accordé au quotidien régional Nord-Eclair
Pascal Catto : "Sur le dossier Retraites, le contact est rompu avec l'Elysée"
Pascal Catto : "Sur le dossier Retraites, le contact est rompu avec l'Elysée"
Retrouvez " l'interview-portrait " de Pascal Catto, secrétaire général CFDT Nord-Pas de Calais, accordé au quotidien régional Nord-Eclair

« Sur le dossier retraites, le contact est rompu avec l'Élysée »

« Sur le dossier retraites, le contact est rompu avec l'Élysée » « Sur le dossier retraites, le contact est rompu avec l'Élysée »

PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE GOUDESEUNE > region@nordeclair.fr

Pascal Catto est depuis juin à la tête de la CFDT Nord - Pas-de-Calais.



Originaire de Boulogne-sur-Mer, diplômé en comptabilité, il s'engage à la CFDT alors qu'il est employé dans une entreprise de transports de fonds. Il raconte son engagement, ses combats en région et sa vision sur les retraites...

Depuis juin, vous êtes secrétaire général de la CFDT Nord - Pas-de-Calais. Qu'est-ce qui vous motive à occuper un tel poste ?
 L'engagement. Je suis engagé à la CFDT depuis 1991 : je travaillais dans une entreprise de transports de fonds à l'époque, en tant qu'employé du service comptage, et j'ai voulu défendre les salariés face au non-respect de leurs droits dans l'entreprise.

Et cette notion d'engagement, d'où vient-elle ? Ce sont vos parents qui vous l'ont transmise ?
Je dirais que c'est plus mon grand-père, qui a été président des cheminots CFDT à Boulogne-sur-Mer...

Quel souvenir gardez-vous de vos premières années en tant que syndicaliste ?
 Il n'y avait pas de représentants du personnel dans notre entreprise, alors on s'est mis à deux avec un collègue pour créer une section CFDT. Je me souviens des changements de direction, du passage du franc à l'euro, de tout le travail qu'on a fait pour renforcer les conditions de sécurité des salariés.

En 1995, vous êtes devenu secrétaire général de l'Union locale de Boulogne, vous n'aviez alors qu'une vingtaine d'années...

Les gens étaient surpris de voir un jeune occuper des responsabilités syndicales. L'année suivante, j'ai vécu un de mes tout premiers conflits routiers : toute la France était bloquée, notamment dans le Boulonnais. C'était un conflit nerveux, de plus en plus tendu, et en même temps, il fallait savoir la jouer psychologie avec les militants. À partir de 2002 j'ai été détaché de mon entreprise pour assumer mes fonctions syndicales à plein temps.

Comment qualifieriez-vous la fonction de représentant syndical : vous êtes en quelque sorte l'avocat des salariés ?
>> Je représente toutes les catégories de salariés, à tous les niveaux. Plutôt qu'avocat, je dirais que je suis chargé de faire remonter la réalité vécue par les salariés, que ce soit les difficultés pour les jeunes de trouver du boulot, de garder son emploi dans l'entreprise, les discussions sur les plans sociaux, les négociations pour reconvertir les salariés...
En tant que secrétaire général, quels vont être vos combats dans la région ? >> Mon premier combat régional sera consacré à la situation de l'emploi : dans le Nord - Pas-de-Calais, on compte 312 000 demandeurs d'emploi dont 66 000 jeunes et 47 600 personnes de plus de 50 ans...
Je pense aussi qu'on ne se bagarre pas assez, dans la région, pour l'innovation dans le secteur industriel, pour rendre les salariés compétents, capables de répondre aux défis de demain : en 2008-2009, l'industrie a perdu 23 000 emplois dans la région.

Qu'est-ce qui, à vos yeux, différencie la CFDT des autres syndicats ?
 En tant que confédération, on regroupe toutes les professions confondues. On se bat pour la démocratie, on est un syndicat apolitique et réformiste : on accepte les réformes car elles sont nécessaires. Le plus important, c'est la négociation. Même si actuellement, sur la réforme des retraites, le contact est rompu avec l'Élysée...

Justement, quel est le positionnement de la CFDT sur les retraites ?
Nous voulons une réforme alternative, c'est-à-dire pas seulement dire qu'on est contre, mais aussi faire des propositions, qu'il y ait un grand débat, une sorte de Grenelle des retraites. Certes, il faudra travailler plus longtemps demain, et la durée de cotisation à taux plein doit être augmentée. Mais nous souhaitons que soit instaurée en quelque sorte une retraite à la carte, que chacun puisse décider de ce qu'il souhaite faire et que soient prises en compte la pénibilité, la situation des polypensionnés et celle des femmes.

Le projet de loi est passé à l'Assemblée. Qu'espérez-vous désormais ?
>> Que les sénateurs puissent amender le projet. Nous les avons rencontrés ainsi que les députés, et ils nous ont bien écoutés. Maintenant, il faut continuer le combat avec les autres syndicats, et nous espérons rassembler beaucoup de monde à la manifestation de samedi. Nous voulons qu'elle soit familiale, qu'elle se répande partout dans la région et qu'on se mobilise en masse !

Il faut continuer le combat, et nous espérons rassembler beaucoup de monde à la manifestation de samedi. Qu'elle soit familiale et qu'on se mobilise en masse !