A Lille, François Chérèque a planché le 27 janvier devant les futurs managers

Publié le 28/01/2011 à 00H00
Il était l'invité des étudiants de l'Ecole de Commerce Skema Business School. Il a parlé de l'actualité et de sa conception du dialogue social. Voir les articles de presse.
A Lille, François Chérèque a planché le 27 janvier devant les futurs managers
A Lille, François Chérèque a planché le 27 janvier devant les futurs managers
Il était l'invité des étudiants de l'Ecole de Commerce Skema Business School. Il a parlé de l'actualité et de sa conception du dialogue social. Voir les articles de presse.

 

 

 

 

François Chérèque en exercice de négociation à la Skema Business School

Le secrétaire général de la CFDT a défendu hier soir, devant les étudiants lillois, sa conception du dialogue social.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, était l'invité hier soir de l'association étudiante Pourparlers à la Skema Business School de Lille. Choc des cultures entre futurs manageurs et le « patron » du deuxième syndicat français.

Après Jean-Luc Mélenchon à l'EDHEC, François Chérèque à la Skema. À quand Bernard Thibault à l'IESEG (s'il n'arrête pas d'ici là) ? Une chose est certaine, les grandes écoles commerciales nordistes n'ont pas peur du choc des cultures. Et même si, avec François Chérèque, apôtre de la « négociation » plutôt que de la « confrontation », les choses se font de manière policée, elles n'en sont pas moins dites... « Vous êtes les futurs cadres et manageurs de demain. Mais combien d'heures de votre formation sont consacrées au dialogue social et au management ? Vous allez être en responsabilité demain sans cette connaissance, essentielle à la vie des entreprises. »

Essayer de construire plutôt que protester

Devant un grand amphithéâtre bien rempli de la Skema Business School, le « grand patron » (depuis neuf ans) de la CFDT a rappelé la nécessité d'une vraie culture de la « négociation sociale », indispensable à toute réforme. Telle qu'elle se pratique en Allemagne par exemple, où les décisions stratégiques des entreprises se font dans des conseils d'administration composés à parité de représentants des salariés et des actionnaires. « C'est une vraie culture du consensus ! » « En France, on perd trop de temps à contester plutôt que d'essayer de construire », reconnaît François Chérèque.

Mais dans le cas de la réforme des retraites, qui a occupé l'essentiel des débats hier soir, le leader syndicaliste a rappelé que de négociations, il n'y eut point. « Nous savons la nécessité d'une réforme des retraites. Mais pas celle, foncièrement injuste, qui a été imposée par la loi. Nous, nous pensons que la durée de cotisation est plus juste que l'âge de départ, et qu'il est urgent de réfléchir à la construction d'un système unique par répartition, plutôt que les trente-neuf existants. La preuve que cette réforme n'est pas la bonne, c'est qu'il est déjà acté qu'en 2013 il faudra tout remettre à plat ! » François Chérèque sera de retour dans la région le 2 février, à la rencontre des salariés de la fonction publique (IUFM d'Arras, EPDSEA de Lambersart, prison de Sequedin, conseil régional).

Vendredi 28.01.2011, 05:11 (PAR JEAN-MARC PETIT- PHOTO PATRICK JAMES)

Le syndicaliste rencontre le futur patronat...

Il était hier soir l'invité d'une association étudiante de la Skema Business School, école de commerce lilloise. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a tenu son rôle face à des jeunes qui se destinent pour beaucoup à diriger des entreprises.

« Vous qui serez les cadres de demain, vous ne serez peut-être pas d'accord. » François Chérèque évoque les salaires des dirigeants, le sujet ne fera forcément pas consensus. Comme beaucoup de thèmes abordés hier entre le syndicaliste, pourtant à la tête d'une organisation « qui recherche le pragmatisme » et n'est pas la plus « anti-patronat » qui existe, et ces « futurs managers. » Mais l'écoute est mutuelle, les jeunes présents s'intéressent aux thèmes abordés principalement, la réforme des retraites.
Le dirigeant de la CFDT déroule son argumentaire : « Bien sûr qu'une réforme est nécessaire, mais nous n'étions pas d'accord sur le recul de l'âge de départ à la retraite. » Lui voulait « une durée de cotisation plus juste. » Il rappelle que c'était la logique de la réforme de 2003, que son syndicat a soutenue, et avance que cette solution pénalise moins ceux ayant commencé à travailler tôt.

Défense d'une minorité ?
Ce qui ne sera pas le cas de son public d'hier soir, parti pour de longues études et des métiers de cadres. Un public qui prêche pour sa paroisse, d'ailleurs : « Vous ne trouvez pas que vous défendez une minorité ? Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes font de longues études... » Argument réfuté par François Chérèque, chiffres à l'appui. Les désaccords sont là, mais le dialogue aussi. Et le syndicaliste aimerait que ça dure. Et il pose la question : « Dans votre école, la formation à la négociation et au dialogue est-elle assez importante ? » Sourires.


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