Automobile : élus, patrons et syndicats confrontent leur analyse régionale

Publié le 19/11/2012 à 00H00 (mis à jour le 20/11/2012 à 10H32)
Le 16 novembre, au conseil régional, les élus politiques, les représentants de la société civile (CESER) ont écouté attentivement les patrons de trois grands constructeurs régionaux (Renault, Toyota et PSA) et les représentants des syndicats, dont Philippe Foucart, au nom de la CFDT filière automobile et Pascal Catto, secrétaire général . Il a été question de formation, d'emploi, de stratégie d'entreprises... et de voiture électrique.
Automobile : élus, patrons et syndicats confrontent leur analyse régionale
Automobile : élus, patrons et syndicats confrontent leur analyse régionale
Le 16 novembre, au conseil régional, les élus politiques, les représentants de la société civile (CESER) ont écouté attentivement les patrons de trois grands constructeurs régionaux (Renault, Toyota et PSA) et les représentants des syndicats, dont Philippe Foucart, au nom de la CFDT filière automobile et Pascal Catto, secrétaire général . Il a été question de formation, d'emploi, de stratégie d'entreprises... et de voiture électrique.

 

Le Nord-Pas de Calais est la 3° région automobile d'Europe. 7 sites constructeurs, 140 sous-traitants, 36 000 salariés directs, 50 000 indirects, 13 millions de chiffres d'affaires : ces chiffres montrent le poids de ce secteur industriel dans l'économie et la structuration de notre territoire, même si en 4 ans, il a perdu 21 % de ses effectifs. Tous les acteurs réunis au Conseil Régional ont eu l'occasion d'exprimer leurs craintes et leurs doutes face à une situation préoccupante. Une situation que la CFDT avait détaillée dans son dernier journal régional.

Face à une telle situation, que faire ? Il est vrai que les décisions échappent bien souvent aux décideurs régionaux et sont parfois l'objet de stratégies concurrentielles d'un constructeur à un autre. Cependant, comme l'a rappelé Philippe Foucart, au nom des délégués de La Française de Mécanique, STA Ruitz, Renault Douai, MCA Maubeuge, Toyota, Sevelnord et UMV Valenciennes, un constat s'impose : 'Il n'y a aucune formation qualifiante. Les directions refusent d'indemniser les salariés en Activité Partielle de Longue durée'. Il a demandé au Conseil Régional, qui finance la formation, d'intervenir auprès des directions pour donner de réelles formations qualifiantes pendant les périodes d'inactivité. D'autre part, dans un contexte où la compétitivité, enjeu incontournable de survie et de développement, risque de produire des effets négatifs sur la santé des salariés, la CFDT revendique des négociations pour préserver la santé et la qualité de vie au travail. La CFDT a transmis au Conseil Régional l'essentiel de ses demandes et revendications, rappelant d'ailleurs que certaines d'entre elles n'ont toujours pas eu de suite.

Pascal Catto, au nom de toute la CFDT, a relayé et élargi ces demandes, insistant sur la formation et le chômage partiel ainsi que sur l'importance d'agir en filière : 'S'il y a un accord formation chez Renault , il doit se répercuter sur les sous-traitants'. A plus long terme, le secrétaire général de la CFDT souhaite qu'un réel dialogue social s'instaure pour aborder dans la clarté les questions stratégiques d'entreprise. Les délégués du personnel ne doibent pas être considérés comme la dernière roue du carosse pour aborder ce sujet. Il a rappelé l'importance d'accentuer l'aspect recherche, développement, innovation sur notre territoire régional en lien avec les programmes nationaux.

Car, pour la CFDT, dans un contexte et une société où il faudra produire et consommer autrement, il ne faut pas que l'emploi et les compétences collectives des salariés fassent les frais d'un avenir pensé différemment.  Le secteur automobile doit rester un secteur fort de notre région mais - on en est conscient - il doit évoluer, prendre un virage dans la région. Y compris peut-être avec la voiture électrique, comme l'a montré la table-ronde de l'après-midi, à condition que certaines difficultés soient résolues, (telles que l'autonomie, la charge et le recyclage des batteries...).

Mais attention à la façon dont on négocie ce virage : si on anticipe et qu'on prépare, par la formation, les salariés, si on associe leurs délégués aux choix stratégiques et à la conduite de ces changements dans toute la filière, il y aura moins d'accidents et de personnes éjectées (notamment les plus précaires) sur le bord de la route de l'emploi. C'est le message essentiel qu'a fait passer la CFDT au cours de la séance publique du Conseil Régional. Espérons qu'il aura été entendu.