Les cheminots CFDT font leurs comptes : 36 % des trains sont vraiment à l'heure.

Publié le 19/02/2011 à 00H00 (mis à jour le 21/02/2011 à 10H01)
Coincés entre des usagers chroniquement mécontents et une direction régionale de la SNCF qui revendique 91 % des TER et 85 % des TGV à l'heure ou avec moins de cinq minutes de retard, les cheminots CFDT ont voulu se faire leur propre opinion. Leur bilan n'est pas si sombre et ils suggèrent des solutions. (Consulter l'article de La Voix du Nord de Dominique Serra)
Les cheminots CFDT font leurs comptes : 36 % des trains sont vraiment à l'heure.
Les cheminots CFDT font leurs comptes : 36 % des trains sont vraiment à l'heure.
Coincés entre des usagers chroniquement mécontents et une direction régionale de la SNCF qui revendique 91 % des TER et 85 % des TGV à l'heure ou avec moins de cinq minutes de retard, les cheminots CFDT ont voulu se faire leur propre opinion. Leur bilan n'est pas si sombre et ils suggèrent des solutions. (Consulter l'article de La Voix du Nord de Dominique Serra)

  

 La méthode. endant trois semaines, du 24 janvier au 19 février, dix-neuf « cheminots sondeurs » ont emprunté 662 trains pour vérifier le respect des horaires. Les contrôles ont eu lieu sur des axes très fréquentés : Lille - Paris et Douai - Paris pour les TGV, Lille - Aulnoye et Lille - Douai pour les TER. Ces relevés ont été faits aux heures de pointe alors que la direction de la SNCF base ses statistiques sur l'ensemble du trafic. Comme les retards sont moins nombreux aux heures creuses, voilà qui explique sans doute le décalage constaté.

Le bilan des TGV. Un gros tiers (36,64 %) des TGV contrôlés arrivent à l'heure exacte. Mais si on leur accorde un délai de grâce de cinq petites minutes, le taux d'arrivées dans les temps monte à 68,10 %. Au-delà du quart d'heure de retard, on ne trouve que 8 % des trains.

Le bilan des TER. Même score ou presque pour les trains à l'heure exacte (36,74 %). Avec cinq minutes de répit, on passe à 72,09 %. Au-delà de la demi-heure de retard, on ne trouve que 1 % des trains. Tous trafics confondus (TGV et TER), 70 % des trains arrivent à destination avec moins de cinq minutes de retard.

La faute à qui ? Au-delà du constat, les syndicalistes analysent les causes des retards. « Ils sont à imputer directement à la SNCF dans 40 % des cas », résume Fabian Tosolini, le porte-parole de la CFDT. Au palmarès des dysfonctionnements, les problèmes sur les rames (18 %) devancent très nettement l'absence de personnel (3,50 %). Soixante pour cent des retards dépendent de causes extérieures qui nécessitent des investissements lourds (25 % liés à l'engorgement des voies sur un réseau saturé, 12 % à l'engorgement des gares, notamment Lille Flandres, 11 % aux actes de malveillance, 6 % à des problèmes de signalisation...).

Des problèmes de qualité. La CFDT relève que 38 % des trains n'assurent pas la qualité de service prévue (manque de voitures donc de capacité dans 17 % des cas où les voyages sont effectués debout, problèmes de portes dans 8 %, de toilettes ou de chauffage dans 4 %, d'éclairage dans 2 %. Enfin, 14 % des « sondeurs » ont raté une correspondance au cours de l'enquête !

Des suggestions. La CFDT préconise une relance des investissements pour « désaturer » le réseau et certaines gares. Autres pistes : sécuriser les installations, mieux coordonner les chantiers, gagner en polyvalence (un conducteur fret ne peut prendre en charge un TER actuellement), créer une éco-taxe ou taxe-carbone pour donner des moyens à la SNCF. •

L'enquête nationale de la CFDT donne 33,6 % des trains à l'heure et 69 % si on leur accorde un délai de 5 minutes. Des scores plus mauvais que dans la région.

 


SNCF : l'enquête de la CFDT sur le retard des trains dans notre région