Plan « Agir pour la jeunesse » : Paroles... Paroles...

Publié le 23/07/2010 à 00H00
5 organisations constatant l'abandon des engagements pris pour répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes ont décidé d'interpeller le gouvernement
Plan « Agir pour la jeunesse » : Paroles... Paroles...
Plan « Agir pour la jeunesse » : Paroles... Paroles...
5 organisations constatant l'abandon des engagements pris pour répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes ont décidé d'interpeller le gouvernement

Cinq organisations (Cé, CFDT, FAGE, Génération précaire, JOC) constatant l’abandon des engagements pris pour répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes ont décidé d’interpeller le gouvernement.

Une nouvelle série de promesses non-tenues creuserait plus encore le déficit de confiance des jeunes envers les institutions et laisserait les jeunes sans réponses face aux difficultés qu'ils vivent en ces temps de crise. En janvier 2009, Martin Hirsch, fraîchement nommé Haut commissaire à la Jeunesse, mettait en place une commission de concertation pour réfléchir, débattre et travailler à ce que pourrait être une véritable politique jeunesse en France. Les travaux de cette commission avaient abouti à la production d’un livre vert contenant 57 propositions.
Le gouvernement nous invitait à l’optimisme en promettant que 80 % de ces propositions seraient mises en oeuvre. Il n’en a finalement retenu que seize dans le plan « Agir pour la Jeunesse » annoncé le 29 septembre 2009 par le président de la République.
 
 
 
Dix mois après qu’en reste-t-il ?
Alors que les jeunes ont été fortement frappés par la crise, peu d’annonces ont été suivies d’effets. Parmi les mesures phares de ce plan, beaucoup sont menacées ou restent des voeux pieux :
  • Les moyens des missions locales sont amputés dans le document d’orientation budgétaire 2011-2013 discuté au parlement, alors qu’elles avaient bénéficié d’une rallonge de 40 millions d’euros en 2009.
  • Les moyens supplémentaires déployés pour accompagner les jeunes en difficulté (contrat CIVIS et contrats aidés) risquent de ne pas échapper aux mesures d’austérité.
  • Le gouvernement a promis un dixième mois de bourses aux étudiants. La rentrée arrive et il n’est toujours pas en place, le gouvernement renvoyant la balle aux universités.
  • Les quelques garanties obtenues il y a peu sur les stages sont déjà menacées (plus de gratification pour les étudiants paramédicaux ; un projet de décret interdisant les stages hors-cursus sans les interdire).
  • Les mesures proposées par la commission Hirsch pour lutter contre l’inflation des loyers et faciliter l’accès des jeunes au parc de logement social sont passées à la trappe. Pire, le président de la République a réaffirmé sa volonté de supprimer les APL pour les jeunes qui sont encore fiscalement rattachés à leurs parents.
  • La création d’un véritable service public de l’orientation pour la rentrée restera certainement lettre morte pour 2010.La transformation du Conseil national de la jeunesse (CNJ) en un véritable  lieu de représentation des jeunes est restée au stade de la promesse

Le sort fait à ces mesures, pris en exemple, illustre l’absence de volonté politique d’aboutir sur la mise en place d’actions fortes en faveur de la formation, l’insertion, l’emploi et l’autonomie des jeunes. De plus, de trop nombreuses propositions comme celles sur l’information des jeunes sur leurs droits, la réussite des étudiants salariés ou encore sur l’autonomie financière des jeunes n’ont fait l’objet d’aucune annonce. Le plan « Agir pour la jeunesse » devait être le dernier d’une longue série de plans successifs depuis 35 ans. Comme ses prédécesseurs, il souffre d’un grave manque de volonté dans sa mise en oeuvre.

Nos organisations ont participé activement à la concertation Hirsch. C’est pourquoi elles interpellent aujourd’hui le gouvernement pour que les engagements pris en septembre 2009 soient respectées.