Le Congrès de 1964 : évolution ou rupture

Publié le 08/01/2013 à 16H09
Le rôle des personnalités du syndicat est déterminant dans les choix effectués

Deux nordistes jouent un rôle important dans la préparation de l’évolution de la CFTC : René Bonety et Eugène Descamps, le secrétaire général. Celui-ci, malade lors de la grève des mineurs en mars 1963, ne semble pas avoir bien pris en compte la portée et la mobilisation de cette lutte. Il choisit de précipiter le mouvement en faveur de l’évolution au risque de renforcer le sentiment d’incompréhension des responsables mineurs dans le Pas-de- Calais, de certaines unions locales comme celle de Roubaix dans le Nord.

Gilbert Ryon fait partie de « ceux qui pensent que si nous avions laissé un peu de temps au temps, cela aurait arrangé les choses ». Joseph Simon, estime que « cela ne posait pas de problèmes que le C reste, il suffi sait simplement de faire évoluer la CFTC en douceur, comme on faisait dans le Pas-de-Calais » Il parle d’une « blessure inutile ».

Le poids des hommes a été décisif dans les choix. Tandis que Joseph Sauty convainc la majorité des mineurs syndicalistes de refuser l’évolution, Georges Lair pour le Pas-de-Calais et André Glorieux dans le Nord, au nom du respect de la décision démocratique, se rallient à l’avis majoritaire et entraînent dans leur sillage deux UD plutôt attachées à la référence à la morale sociale chrétienne et au sigle. Le rôle des personnalités et de leurs stratégies de management est décisif dans le choix des deux unions départementales : le Nord accepte de passer à la CFDT plus facilement que le Pas-de-Calais.