Présentation

Publié le 08/01/2013 à 15H40
Cette recherche, fruit d’une demande formulée par les responsables de l’Union régionale CFDT, a été gérée, en partenariat et dans le respect des compétences de chacun, avec l’équipe d’animation de l’ARHOS en charge de la mémoire de l’organisation. L’ouvrage, abondamment illustré, vise à offrir une synthèse faisant émerger les événements principaux, les tendances lourdes, les évolutions voire les ruptures ainsi que les grands débats internes et externes auxquels sont confrontés ces militants syndicalistes.

 Le nom du secrétaire général de la CFTC devenue CFDT, Eugène Descamps, né à Lomme, près de Lille, demeure présent dans la mémoire de ceux qui s’intéressent à l’histoire sociale française. Mais qui connaît, en dehors du cercle restreint des initiés, les nordistes Charlemagne Broutin, Jules Catoire, André Glorieux et Georges Torcq ? Sait-on que les deux premiers cités ont été vice-présidents de la Confédération, que le troisième a rempli les fonctions de trésorier confédéral et que le dernier a été élu président national de 1946 à 1949 ? Sous une forme pratiquement identique, dans un état d’esprit différent du fait de la déconfessionalisation, les objectifs de l’Union régionale CFDT rappellent les premières orientations de la CFTC en 1919 et aboutissent au même constat : la société ne peut changer qu’avec des réformes, non avec un esprit de lutte des classes ou de révolution violente, voire même de socialisme s’il est imposé par le politique.

D’où vient cette passion empreinte de pragmatisme permettant à ces syndicalistes de résister à un patronat qui leur reproche de faire le jeu des « révolutionnaires » ? Quels sont les ressorts et les caractères principaux de ces générations de militants qui affrontent une CGT dominatrice durant l’entre-deux guerres avant de mener de concert avec elle un combat victorieux contre la Charte du Travail imposée par le gouvernement vichyste ? Comment sont vécus par les syndiqués du Nord et du Pas-de-Calais le passage à la CFDT, la fi n des Trente Glorieuses, la montée du chômage et la question de l’immigration ? Quel est le poids, l’originalité de cette Union régionale au sein de la Confédération ? Est-il possible de mesurer ce qu’elle a apporté à une région désormais au coeur de l’Europe ?