Changer les pratiques pour lutter contre l'échec scolaire et les inégalités

Publié le 10/02/2010 à 00H00
Plusieurs rencontres sont organisées par le SGEN-CFDT dans la région autour de « la réussite éducative pour tous ». Les deux premières ont eu lieu pour les secteurs de Dunkerque et de Lille
Changer les pratiques pour lutter contre l'échec scolaire et les inégalités
Changer les pratiques pour lutter contre l'échec scolaire et les inégalités
Plusieurs rencontres sont organisées par le SGEN-CFDT dans la région autour de « la réussite éducative pour tous ». Les deux premières ont eu lieu pour les secteurs de Dunkerque et de Lille

 Le 15 janvier à Lille. 60 personnes, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, ont répondu à l'appel du Sgen-CFDT autour de la thématique « Aider l’enfant : faire plus ou agir autrement ».Le débat est introduit par 3 témoignages video tournés au collège Anne Frank à Roubaix, Lucie Aubrac de Petite Synthe et au Lycée Professionnel d'Anzin. Venu pour écouter mais aussi pour apporter son point de vue, Jean-Michel Zakhartchouk des Cahiers pédagogiques tente de répondre à la question : «  Comment nos pratiques peuvent-elles contribuer à la réduction des inégalités ? ». Il propose 11 pistes à creuser :

  • Partir des élèves tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être
  • En aidant les élèves à décoder l'école
  • En articulant exigence et bienveillance
  • En étant prudents dans les jugements et les évaluations
  • En se méfiant des idées reçues notamment sur les parents
  • En ayant une attitude positive de croyance dans la réussite
  • Et non en dramatisant l'échec provisoire
  • En donnant plus de sens aux savoirs scolaires
  • En étant imaginatif, créatif, en ne nous enfermant pas dans la routine sans pour autant
  • En étant des « passeurs culturels »
  • En restant lucides et modestes sur les pouvoirs de l'école...

Le débat s’engage. Des questions sont posées. Des points de vue s’échangent. D’autres témoignages sont donnés. C’est la richesse du SGEN !

Le 2 février, au Collège Lucie Aubrac de Petite Synthe. L’invité était Serge Boimare, directeur du centre médico-psycho-pédagogique Claude Bernard, à Paris. Devant une centaine de personnes, il a expliqué les raisons pour lesquelles, selon lui, 15% de jeunes n’ont pas accès aux savoirs fondamentaux et donné des repères pour reconnaître cette difficulté à entrer dans les processus d’apprentissage qui se cache parfois derrière des élèves très vifs, plein d’humour mais incapables d’intégrer des savoirs de base. Diagnostic essentiel aux enseignants et éducateurs pour apporter la bonne remédiation. Il a insisté sur l’importance d’un travail collectif des enseignants, sur ce qu’il appelle la coréflexion et qui est, à coup sûr, la meilleure des formations. Méfions-nous de l’évaluation à outrance met en garde Serge Boimare. Prudence aussi devant une dérive techniciste possible... Autant de pistes de réflexions lancées pour améliorer l’accompagnement ou l’aide personnalisée de l’élève mis en place du primaire au collège et bientôt au lycée... Encore faut-il que les enseignants disposent de moyens suffisants et soient formés pour cela !

Prochaines rencontres. La prochaine Rencontre, à Arras, le 3 mars avec Xavier Pons, sociologue, et Claude Pair, ancien recteur de Lille , se centrera sur l’évaluation du système et ses effets sur la réussite des élèves. La dernière, à Valenciennes, le 18 mars, s’attachera à l’enjeu considérable qu’est la prise en charge de la petite enfance.