"Le dialogue que nous voulons"

Publié le 24/05/2012

Dans une tribune publiée dans L'Express daté du 24 mai 2012, François Chérèque et Luc Bérille, le secrétaire général de l'Unsa, précisent leurs attentes vis à vis du gouvernement et du président de la République concernant la place des partenaires sociaux.

Dans leur vote à l’élection présidentielle, les français ont exprimé leur profonde inquiétude sur l’avenir, leur forte attente de solutions et leur désir de justice face à l’accroissement des inégalités aggravées par les crises qui, depuis quatre ans, se succèdent en France, en Europe et dans le monde.

Dans cette élection, ils ont aussi fait le choix de porter à la Présidence de la République, le candidat qui a placé le rassemblement des français, l’avenir des jeunes et le dialogue social au cœur du changement.

Les défis économiques à relever sont lourds et les enjeux sociaux urgents.

Le taux de chômage frôle les 10% et le risque d’une aggravation se profile avec la crainte de plans sociaux mis en attente pendant la période électorale. Cette dégradation du marché du travail touche particulièrement les jeunes, enferme de plus en plus de personnes dans le chômage de longue durée.  Elle entraîne dans son sillon un durcissement de la précarité dans tous les domaines : travail, santé, énergie, logement.

La CFDT et l’UNSA, organisations syndicales présentes au côté des salariés, porteuses de leurs préoccupations sont pleinement conscientes des mutations profondes de notre économie, elles partagent la nécessité de réformes structurelles pour construire une société juste et solidaire et redonner espoir en l’avenir.

Conduire ces réformes nécessite d’impliquer tous les acteurs de la société et de renforcer la responsabilité des partenaires sociaux.

L’inscription de leur rôle dans la constitution n’est pas seulement un acte de reconnaissance formelle, elle fait du respect de leur autonomie et de la négociation collective des leviers essentiels de la complémentarité entre démocratie sociale et démocratie politique au bénéfice de l’intérêt général.

L’ampleur des défis à relever requiert méthode et engagement sans faille de toute la société. Pour atteindre cet objectif, il convient d’en préciser rapidement les priorités, les acteurs impliqués, les modalités de débat et le calendrier

Dans ce cadre doit être confirmée la poursuite sans délai des négociations ouvertes par les partenaires sociaux représentatifs sur la vie au travail, le rôle des représentants du personnel dans les entreprises et la répartition de la valeur ajoutée, la sauvegarde de l’emploi

 Cet agenda social doit s’élargir à tous les sujets qui relèvent de leur autonomie pleine et entière et notamment à une nouvelle étape de la rénovation du marché du travail qui intègre l’ensemble des dimensions de la sécurisation des parcours professionnels.

D’autres priorités relèvent, avant toute décision des pouvoirs publics, d’une concertation tripartite voire quadripartite entre l’Etat, le patronat, les organisations syndicales et les collectivités locales. Elles portent sur la protection sociale et son financement, la compétitivité de notre économie, le pouvoir d’achat, les restructurations…

Enfin, l’ampleur de certains défis auxquels nous sommes aujourd’hui collectivement confrontés requiert un débat ouvert avec les acteurs impliqués de la société civile. C’est le sens du « Manifeste pour un pacte social » signé par la CFDT, l’UNSA et sept autres organisations de la société civile qui interpelle les responsables politiques.

La conférence sociale qui doit se tenir cet été et réunir les différents membres de la société civile : partenaires sociaux, associations, ONG participe du renouveau de notre démocratie indispensable à la réussite des réformes nécessaires à l’avenir de notre pays et la qualité du vivre ensemble.

La lutte contre la grande pauvreté et de l’exclusion devrait être la grande cause qui mobilise toutes les forces en ce début de quinquennat et permette de poser les bases d’un pacte national solidaire porteur d’espoir pour nos concitoyens.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, et Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa